JEUNES AGRICULTEURS 13
Pas de répit pour les braves ! Après l'activité intense de ces derniers mois et le point d'orgue des élections Chambre, les Jeunes agriculteurs tenaient leur assemblée générale à Albaron, vendredi dernier. Pour continuer à battre le fer sur le renouvellement des générations.
À l'occasion de l'assemblée générale des JA 13 à la Maison du riz, à Albaron, Marine Rozières, secrétaire générale sortante, a été remerciée par l'équipe des JA pour son engagement.
© Crédit photo : CZ
La Maison du riz, à Albaron. Tout un symbole. Celui d'une culture emblématique des Bouches-du-Rhône tout d'abord, le riz, malmené par les impasses techniques, phytosanitaires notamment, ou encore par la remontée du biseau salé. Celui d'un territoire agricole à préserver ensuite, en particulier dans sa vocation alimentaire remise en cause par la prédation foncière avec la ligne THT, ou par des environnementalistes qui voudraient le mettre sous cloque. Et pourtant, là, sur ce territoire, des jeunes continuent à s'installer et à croire en leur métier. Ils sont d'ailleurs donnés rendez-vous vendredi dernier pour se retrouver après des mois d'intenses activités, entre manifestations et élections. Pour remercier aussi l'une d'entre eux, Marine Rozière, leur secrétaire générale, qui leur a annoncé, en les accueillant dans l'exploitation qu'elle gère avec son frère, "quitter son poste, mais rester au conseil d'administration".
Après un huis clos, Jérémy Tropini, président de JA 13, a ouvert la séance publique en la remerciant, "elle qui m'a donné l'envie d'entrer chez JA", avant de rembobiner le film des derniers mois "particulièrement intenses" pour sa première année de mandat, en présence de Romain Blanchard, président de la FNSEA 13, de Laurent Israélian, président de la Chambre d'agriculture, de Clément Lajoux, trésorier de JA 13, et d'Audrey Piazza, secrétaire générale de JA Paca.
Sans revenir plus avant sur les mobilisations faites dans le cadre des manifestations agricoles ou de la campagne pour les élections Chambre, Jérémy Tropini a surtout voulu insister sur le travail quotidien réalisé par le syndicat l'année dernière, "une année loin d'être de tout repos pour moi, avec une formation accélérée" : restructuration des cantons, "pour répondre aux spécificités de chacun" ; intensification du suivi de l'Accompagnement post-installation (API) de 44 jeunes, dont la moitié à moins de 30 ans, "une particularité à JA 13 que d'autres nous envient et qui permet d'accompagner et de viabiliser les projets de jeunes pour nos territoires". Sur le sujet, le président a d'ailleurs posé les bases des axes d'amélioration pour 2025, avec "l'édition d'un guide et de fiches pratiques, et l'organisation d'une rencontre annuelle pour promouvoir l'API", sans oublier la poursuite de sa mise en avant lors du Forum à l'installation, marqué en 2024 par la mise en place de 'Pitch ton projet' : "C'était une nouveauté en 2024. Elle a permis à cinq porteurs de projets de présenter leur dossier à un jury, avec à la clé un prix 'Coup de cœur' et un prix du tutorat. L'idée a séduit la Métropole Aix-Marseille, qui souhaite le dupliquer sur son territoire", annonçait Jérémy Tropini. Et de poursuivre : "Nous nous sommes fortement mobilisés et ce n'est pas fini : nous allons continuer à avoir une vigilance accrue sur nos revendications, à commencer par la mise en place d'un guichet unique, pour maintenir la pression". Le président a également annoncé porter l'idée "d'un chèque alimentaire durable et local pour les jeunes de 18 à 25 ans".
Le syndicat va aussi continuer d'appuyer sur le dossier de la THT, comme l'explique son trésorier en charge du dossier, Clément Lajoux : "La ligne THT nous a solidarisés. Nous voulons travailler avec le collectif 'Stop 13 THT' pour porter notre proposition de ligne souterraine, toujours en attende de réponse. Mais une chose est claire : on s'opposera totalement au projet aérien. Il n'y aura aucune négociation possible en aérien !".
Pour conclure son rapport moral, Jérémy Tropini a reconnu avoir beaucoup sollicité ses collègues. "Mais je vais vous en redemander tout autant cette année, pour porter JA 13 encore à une marche supérieure, pour continuer à faire évoluer notre syndicat et à le perfectionner sur toutes les filières. Car notre grand défi reste l'installation et le renouvellement. C'est le sujet principal de la mandature. Investissez-vous, faites remonter vos revendications pour que le pôle installation fonctionne à plein. Personne ne nous dicte notre position. La ligne directrice, c'est nous", lançait-il.
En prenant la parole, Romain Blanchard, président de la FNSEA 13, a salué les mobilisations de l'an passé et le travail mené au quotidien, "dans les groupes de travail, les commissions... on propose et nous serons à l'action dans ce prochain mandat. Pour continuer à travailler sur la LOA, le foncier, la DJA...", commentait le président. Sur le terrain, les formations des correspondants locaux vont être remises en place, avec la FNSEA et les JA Paca, "pour avoir des relais formés dans chaque canton". Le syndicat va également travailler sur le bail type départemental, "pas remis à jour depuis 1986".
Revenant sur la dotation jeune agriculteur, Romain Blanchard plaide pour que le suivi post-installation soit obligatoire, "pour donner le maximum de chance de réussite à ceux qui veulent s'installer, avec un accompagnement personnalisé". Enfin, d'autres dossiers seront sur la table en 2025, dont la structuration des filières et la résilience de l'emploi, "notamment dans son volet logement saisonnier avec le travail que nous menons avec la FNSEA", tous ces dossiers devant s'articuler avec les Projets alimentaires territoriaux (PAT) et les Min, et alors que l'actualité du moment se concentre sur les OFII, avec des réunions en cours actuellement (lire page 3). "On est à la croisée des chemins, entre défis climatiques, un monde qui bouge vite. Mais on a une force : nos deux réseaux [JA et FNSEA, ndlr] sont très proches et cela sera fortement utile alors que les négociations pour la prochaine Pac vont arriver très vite. On doit chasser en meute, on doit compenser nos handicaps en restant groupés, comme on a su le faire ces derniers mois. Pour que l'agriculture provençale continue à se développer et offrir un avenir à nos entreprises." La FNSEA 13 tient d'ailleurs son assemblée générale ce vendredi 21 mars.
Après l'intervention de la MSA Provence Azur (lire ci-dessus), Andrey Piazza et Laurent Israélian ont conclu les travaux. La première a annoncé que le prêt structurel (12 ans, plafonné à 200 000 €) pour aider les exploitations en difficulté allait être lancé, et que l'ouverture du guichet de l'aide de 10 millions d'euros accordée spécifiquement aux jeunes viticulteurs était dans les tuyaux.
Quant à Laurent Israélian, il a remercié les JA pour "leur engagement et les efforts de tous", leur confirmant sa volonté de s'atteler à la tache sur de nombreux dossiers qui les concernent (THT, contournement autoroutier, conservatoire du littoral, eau...) : "Je sais votre volonté et votre positionnement sur la taxe du droit d'eau en Camargue. Quant à la THT, on n'est pas contre le développement économique du port de Fos. C'est important pour notre pays. Mais on ne veut pas perdre un hectare de SAU dans le département, et l'on va être extrêmement vigilant sur ce dossier, comme sur celui de l'installation, un des enjeux de notre mandat. La souveraineté alimentaire passe par la transmission d'entreprises, et donc l'assurance de revenus pour les jeunes qui s'installent. La Chambre est votre maison. Et toutes les équipes sont là pour travailler à votre service", a-t-il conclu.
Au cours de l'assemblée, Sylvain Hutin, directeur général de la MSA Provence Azur, et Jean-Pierre Grosso, délégué MSA, ont rappelé aux jeunes présents le rôle et les services proposés par la MSA, alors que se profilent en mai prochain les élections de la mutualité agricole. "Sans MSA, c'est la fin du guichet unique pour les risques sociaux, de santé, famille et retraite", pointait notamment le directeur, quand Jean-Pierre Grosso ciblait en particulier le rôle des délégués cantonaux sur le terrain, là pour faire remontrer les problématiques locales. "C'est vrai que quand on est jeune, on ne voit que le volet cotisations. Mais pensez au service action sanitaire et sociale, au service de remplacement pour les réunions, quand vous êtes malade, quand votre enfant est malade. Le coût horaire, c'est 5 euros par heure pour une JA, à mettre en regard des 15 à 17 euros pour un salarié", rappelait-il.
ICI
Votre encart
publicitaire !
PAYS D'OC IGP
DNC
Papam

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner