FAYENCE
Perché sur la colline entre Fayence et Seillans, le Domaine de Pré-Lavit s'est construit sur un système d'élevage pastoral dédié à la production et à la transformation de lait de chèvre et de brebis, qui s'enrichit d'une activité de maraîchage diversifié, en vue de développer la gamme proposée en vente directe.
Lydie-Laure Boissier, cheffe d'exploitation salariée du Domaine de Pré-Lavit.
© Crédit photo : GL
Propriété de l'ancien Émir du Qatar depuis 1991, le Domaine de Pré-Lavit court sur 240 hectares d'un seul tenant, dont 15 ha labourables, le reste des terres étant dédié au sylvopastoralisme. Confié à Lydie-Laure Boissier, responsable d'exploitation salariée, le projet agricole y a démarré en 2016, autour d'un petit élevage mixte de chèvres et de brebis en transformation fromagère. Dans cette optique, le propriétaire a fait rénover un hangar pour doter la ferme d'un bâtiment qui abrite la bergerie, le quai de traite, la fromagerie, un point de vente et des bureaux.
Lydie-Laure Boissier - qui avait déjà travaillé quelques années dans différents élevages, entre Pyrénées, Drôme et Vaucluse - a par ailleurs pris le temps de choisir les bêtes. "On a commencé doucement avec une quinzaine de chevrettes et autant de brebis, qu'on a fait grandir et se reproduire pour sélectionner la bonne génétique au fil du temps", explique-t-elle.
Les effectifs ont doublé aujourd'hui. Les races locales ont été préférées pour une bonne adaptation au terroir. La ferme compte des chèvres alpines et quelques roves, ainsi que des brebis brigasques, originaires de la Vallée de la Roya, et choisies pour leur rusticité. "Ce sont des brebis à tout faire. Elles ne sont pas très productives, mais elles donnent un lait très riche et des agneaux qui grandissent et grossissent assez vite", présente Lydie-Laure Boissier. Chaque année, 15 % des chevrettes et des agnelles sont sélectionnées pour le renouvellement du troupeau. Le reste des agnelles est vendu à des reproducteurs, quand agneaux et cabris partent en boucherie.
L'agriculture raisonnée est ici le maître-mot. "C'est l'éthique du patron. Il aime les bons produits et il souhaite que l'on travaille en adéquation avec le terroir", souligne la responsable de l'exploitation.
Agneaux et chevrettes sont, bien sûr, élevés sous la mère. "On est sur un cycle naturel, avec des mises bas en février. On laisse leur part aux petits, et on ne pousse pas les bêtes", indique la responsable de la ferme. Et pour soigner les animaux, l'homéopathie est privilégiée dans 80 % des cas.
De la même manière, chèvres et brebis pâturent à leur rythme sur le domaine, où elles trouvent une partie de leur alimentation en forêt et sur quelques surfaces semées en céréales et en légumineuses. Un régime complété par du foin, de la luzerne, de l'orge et du maïs, une fois les bêtes entrées à la bergerie. Les animaux y sont mis à l'abri tous les soirs en raison du risque de prédation dû au loup et au renard, malgré la présence de trois chiens de troupeau.
Pour gagner en autonomie, la ferme va s'essayer à la production de foin. "On vient de commencer à travailler avec un chevrier de Mons qui nous fait profiter de son expérience. On est en phase de test. On va voir ce qu'il est possible de faire par rapport à la sécheresse, sachant qu'on n'est pas raccordé à un réseau d'irrigation. On a juste un forage pour les animaux", précise Lydie-Laure Boissier.
Les bêtes sont traites matin et soir, jusqu'au passage en mono-traite à partir du début du mois d'août. La production de lait permet de fabriquer une quinzaine de fromages plus ou moins affinés (sans compter les aromatisés aux herbes et aux épices), ainsi que des yaourts nature. Ceux au lait de brebis ont été distingués par une médaille d'argent au Concours général agricole. Une belle récompense qui vient récompenser les efforts consentis pour cette première participation au prestigieux concours. "Pour pouvoir participer, on a mis des brebis au bouc un peu plus tôt. Cela a été un peu la course, mais on y est arrivé et on est content de cette médaille. On va continuer à travailler pour faire mieux l'an prochain !", lance l'éleveuse.
Sur la partie production, Lydie- Laure Boissier est actuellement entourée de quatre collaboratrices et collaborateurs. Deux gardiens et un régisseur complètent l'équipe du domaine.
L'une des employées a été embauchée fin 2024 pour développer une activité de maraîchage. Un beau challenge en cours de réalisation sous 600 m² de serre tunnel et 2 ha de plein champ, grâce au système d'irrigation alimenté par l'étang présent sur la propriété.
Le sol a été préalablement amendé avec des apports importants de fumier de cheval, "pour réactiver la vie biologique et faire baisser l'acidité de la terre en bordure de forêt de pins", détaille Lydie-Laure Boissier. Des premiers essais ont été menés, et l'équipe s'oriente vers une production en non-travail du sol et sans produit chimique de synthèse. La litière des animaux, déjà utilisée en prairie, le sera aussi en maraîchage. Les premiers légumes sont attendus pour le printemps.
Un atelier de poules pondeuses est également en réflexion pour enrichir le système de production et la gamme, commercialisée à la ferme, ainsi qu'auprès de restaurateurs et fromagers du canton. La ferme élargit cette année sa zone de chalandise aux Alpes-Maritimes et entend, d'ici deux à trois ans, faire évoluer la part de vente directe, de 20 % actuellement à 50 %.
Il faut dire que l'accueil est important pour l'équipe de la ferme de Pré-Lavit, qui reçoit régulièrement des scolaires et des professionnels du relais d'assistantes maternelles en proximité. "J'adore le contact avec les clients et les gens en général, car on peut expliquer les bases de l'élevage et de l'agriculture, et c'est super de pouvoir communiquer sur ce que l'on fait", apprécie Lydie-Laure Boissier.
LE SAVIEZ-VOUS ?-
Le Domaine de Pré-Lavit adhère à l'Association des producteurs de brebis brigasques, grâce à laquelle il valorise la laine, à fibres longues et épaisses, de ses ovins. Une entreprise artisanale sarde en fait ensuite des tapis ou des pelotes. Le produit des ventes est partagé à 50/50 entre les éleveurs et l'association.
ICI
Votre encart
publicitaire !
Port-Vendres
SAFRAN DES ASPRES
BANYULS-DELS-ASPRES

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner