VENDANGES
La récolte a démarré fort et tôt dans le vignoble varois, avant de ralentir en raison des conditions météo et de maturités hétérogènes qui réclament toute l'attention, le savoir-faire et la réactivité des vignerons.
Précoces, les vendanges 2025 devraient s'étaler un peu dans le temps.
© Crédit photo : GL
Le climat influe de plus en plus sur les vendanges, qui commencent toujours plus précocement dans le Var : cette année, les caves ont commencé à ouvrir leurs portes dès la semaine du 11 août, avec une à deux semaines d'avance sur le précédent millésime pour les plus précoces.
"Les degrés sont montés rapidement avec la canicule qui a entraîné une augmentation des chargements en sucre. On a atteint 13 à 14° au démarrage sur certaines parcelles. Mais les différences de maturité souvent importantes, à la fois inter et intra parcellaire, tout comme les écarts marqués de maturation sur une même grappe ont impacté la dynamique de ces vendanges, qui rentrent finalement assez lentement, selon des suivis précis de maturité", observe globalement Jean Andrès, consultant viticole de l'Institut coopératif du vin (ICV) Provence. "Au final, on est plutôt autour de 12,5° en cave, ce qui est une bonne moyenne pour les rosés", note le technicien.
Une grande hétérogénéité hydrique est aussi à noter, avec des situations de stress pouvant aller jusqu'au flétrissement des baies - selon les secteurs et la situation des parcelles - et un impact potentiel sur les rendements, sécheresse et canicule ayant contrarié le grossissement des grappes et des baies. Les conditions météo sèches et chaudes ont en revanche profité à la qualité sanitaire du raisin, en limitant mildiou, oïdium et pourriture.
La gestion du calendrier n'est ainsi pas évidente, et nécessite "de continuer à bien observer ses parcelles et à rester rigoureux sur le contrôle des maturités", souligne Jean Andrès. Les pluies de début septembre sont aussi venues décaler l'organisation des chantiers. "Sur les parcelles qui arrivaient déjà à maturité, il n'y a pas grand-chose à en espérer. Il y a même plutôt un risque de dilution au-delà des 30 millimètres de pluie. Cela va dépendre du sol, s'il est drainant ou pas, et de la vigueur de la vigne", prévient le technicien. Sur les secteurs les plus tardifs au contraire, les précipitions ont pu relancer des maturations parfois à la peine.
Débutées tôt, ces vendanges pourraient aussi s'étaler un peu plus qu'à l'accoutumée, sollicitant tout le savoir-faire et la vigilance des vignerons, jusqu'à ce que les derniers grains de raisins rentrent dans les chais.
En cave, "les fermentations commencent bien, pour peu qu'on ait correctement complémenté en azote", remarque Arnaud Morand, œnologue de l'ICV Provence. Dans la tendance des derniers millésimes, les jus sont en effet assez pauvres en azote assimilable. De façon générale, Arnaud Morand note néanmoins "une belle qualité, aussi bien sur le fruité que sur les équilibres et une bonne maîtrise de la couleur. On commence en revanche à perdre les bonnes acidités du début de récolte".
En Bandol, "la qualité est très intéressante avec de jolis équilibres et de belles acidités", juge Olivier Colombano, directeur de l'Organisme de gestion (ODG) des Vins de Bandol. Les vendanges, entamées dès le 19 août en raison de maturités précoces sur plusieurs cépages, sont déjà bien avancées. "On a fait plus de la moitié du vignoble. Avec la baisse des températures, les vignerons ont pu ramasser matin et après-midi", explique Olivier Colombano.
A contrario, sur l'aire d'appellation des Coteaux varois en Provence, "ça commence tout juste véritablement", indique Thomas Giroud, directeur du syndicat de l'AOC. "Il y a eu un peu d'emballement par rapport aux degrés, mais on s'aperçoit que le différentiel de maturité à la vigne et le degré en cave sont finalement plus importants que d'habitude." Le directeur du Syndicat des Coteaux varois relève également "un delta très clivant entre les parcelles irriguées et les parcelles non irriguées". Les raisins sont plutôt petits, mais la qualité est au rendez-vous.
"L'état sanitaire de la vendange est magnifique", se réjouit aussi Éric Pastorino, président de la coopérative de Gonfaron, de l'AOC Côtes de Provence et de l'interprofession des Vins de Provence. "Au niveau quantité, on sera peut-être sur des volumes plus modérés que ce qui était prévu, en lien avec la sécheresse et la canicule. Le facteur 'temps' influe de plus en plus : il y a beaucoup d'hétérogénéité et on est très sérieux sur les contrôles de maturité", poursuit le vigneron.
"On s'adapte, on sait être réactif et on arrive à faire du cousu main pour nos clients", souligne quant à lui Éric Paul, coopérateur à Montfort-sur-Argens et président du Syndicat des vignerons du Var. "La qualité des raisins est extraordinaire, avec de bons rapports sucre/acidité pour élaborer des IGP Var haute couture, avec une production maîtrisée en adéquation avec nos marchés", poursuit le représentant des IGP du département. Avant d'avoir une pensée solidaire pour les vignerons frappés par la grêle en début de semaine.
Compliqué à piloter de manière générale, le millésime se prépare ainsi sous de bons auspices, malgré ces violents orages du 1er septembre, accompagnés d'épisodes de grêle localisés qui ont ravagé certaines parcelles, notamment dans le Golfe de Saint-Tropez. La coopérative du Plan-de-la-Tour a notamment été touchée, de façon toutefois très localisée sur le quartier ouest de la commune. "C'est toujours impressionnant, mais à l'échelle de la cave, ce n'est pas catastrophique. Les feuilles ont joué leur rôle de protection, le mistral a soufflé de suite et a séché les raisins. Très tôt le matin suivant, on a sorti les machines à vendanger et on a pu sauver les raisins qui étaient à maturité", précise directeur de la cave, Olivier Ode.
INFORMATION-
Au lendemain des violentes pluies et orages de grêle du 1er septembre, la Chambre d'agriculture du Var a ouvert sa cellule de crise et entamé le recensement des exploitations sinistrées. Les premières remontées du terrain font localement état de dégâts de grêle sur vigne, en particulier sur le secteur de Plan-de-la-Tour / La Garde-Freinet, mais aussi de casse à cause des rafales de vent dans le Golfe de Saint-Tropez et sur la zone de Solliès, où des figuiers ont notamment été touchés.
Les agriculteurs impactés sont invités à se signaler via le recensement en ligne sur le site internet de la Chambre d'agriculture du Var. Ils peuvent également contacter la cellule de crise : 04 94 99 75 21, crise@var.chambagri.fr.
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