MARCHÉ AUX FLEURS
En visite sur le Marché aux fleurs de Hyères, le préfet et le président du Conseil départemental du Var ont appris à mieux connaître le fonctionnement de la Sica, exemple inspirant pour l'organisation de l'approvisionnement en circuit court de la restauration collective.
Accueillis sur le Marché aux fleurs de Hyères par les représentants de la filière et des élus locaux, la visite a permis au préfet et au président du Département de mieux connaître le fonctionnement de la Sica.
© Crédit photo : GL
"Avec le président Masson, nous avons souhaité échanger dans le cadre d'une démarche partagée qui cherche à approvisionner en circuit court les cantines varoises, des écoles, des collèges et lycées et peut-être un jour des hôpitaux", explique Simon Babre, préfet du Var. La Sica MAF apparaît en effet selon le représentant de l'État comme un exemple de structuration de filière, qui nourrit la réflexion de l'État et des collectivités quant à l'organisation de celle des fruits et légumes. C'est donc en partie pour discuter de ce sujet que le préfet et le président du Département du Var ont sollicité la rencontre qui se déroulait le 26 septembre à Hyères.
Comme il est de coutume sur le Marché aux fleurs, c'est donc de bonne heure que Marc Long, président de la Sica, accueillait le préfet et le président du Département, Jean-Louis Masson, en présence de Jean-Pierre Giran, maire de Hyères et président de Toulon Provence Méditerranée, et de Christian Simon, maire de La Crau et conseiller départemental en charge de l'agriculture. Marc Long était accompagné de ses équipes, de Jean-Claude Véga, vice-président de la Sica et président du groupement de producteurs de fleurs coupées Philaflor, de Paule Mistre, vice-présidente de la Chambre d'agriculture du Var, et de Max Bauer, président de la Coordination rurale du Var. La visite a d'abord été l'occasion de présenter le marché et la filière horticole locale, premier bassin de production de fleurs coupées de France. Pilier logistique et commercial dédié à la fleur coupée et au feuillage, la Sica MAF regroupe plus de 350 producteurs et compte quelque 250 clients grossistes, fleuristes et distributeurs, dont une trentaine est implantée sur son site. Celui-ci s'étend sur 5 hectares, dont 2,5 ha de bâtiments.
Un hangar abrite notamment depuis quelques années une unité d'emballage et de stockage de pivoines, qui permet à la Sica de conditionner 40% des pivoines qu'elle commercialise. "C'est une charge de travail en moins pour les producteurs. L'avantage de conditionner en commun est aussi de massifier la production pour l'export", indique Marc Long, en présentant le fonctionnement de l'outil.
Récemment, la Sica a investi 2 millions d'euros sur ses fonds propres pour faire construire un nouveau bâtiment, afin d'augmenter ses capacités de stockage et de se doter d'une nouvelle chambre froide. En effet, 70% de l'activité du marché aux fleurs se fait entre le 15 mars et le 15 juin. "Nos frigos arrivaient à saturation. Le bâtiment est arrivé au bon moment, car avec les pics de chaleur qui ont entraîné des pics de production au printemps, pour la première fois en 40 ans, on n'aurait pas pu mettre des fleurs au frais", note Marc Long. Le prochain chantier devrait porter sur la réfection des façades du bâtiment principal. "On investit en continu pour que les producteurs, les acheteurs, les personnels se sentent bien sur le marché", souligne le président de la Sica.
Le marché et l'ensemble des acteurs de la filière locale, réunis au sein de Hyères Hortipole, sont par ailleurs à l'origine de la création, voilà 25 ans, de la marque qualité Hortisud, qui s'appuie sur la Charte 'Qualité fleurs', de sorte à "garantir la qualité et la traçabilité des produits, la durée de tenue en vase et les standards de conditionnement", rappelle Gilles Rus, directeur technique de la Sica. Pionnière, la démarche qualité est un atout sur un marché international ultra-concurrentiel.
La profession n'a d'ailleurs pas manqué d'attirer l'attention du préfet Babre et des élus locaux sur les distorsions de concurrence dont pâtissent les productions varoise et française. "Il y a un engouement certain pour la fleur française, mais on fait face à énormément d'importations en provenance de pays qui ne respectent pas les mêmes règles sociales et environnementales que nous. Nous sommes particulièrement embêtés par les nouvelles normes qui s'ajoutent et par le manque de produits disponibles pour protéger les cultures", déplore Marc Long. "Le marché et les exploitations partagent aussi les difficultés croissantes à recruter du personnel", complète Jean-Claude Véga.
À l'écoute, le préfet salue les efforts et l'organisation de la filière.
"On a la volonté d'avancer en prenant en compte des enjeux de revenus, des enjeux de reconquête agricole, des enjeux de souveraineté alimentaire, d'éducation au goût et de qualité d'alimentation pour nos enfants", explique Simon Babre à l'issue de la visite.
Dans cette perspective, une étude - confiée à la Chambre d'agriculture du Var - doit identifier les capacités d'approvisionnement du département et les freins à lever. D'autant que le préfet ne s'interdit aucune piste de réflexion : "Le marché aux fleurs pourrait être un lieu d'intermédiation. On doit aussi rencontrer la Banque alimentaire. Le but est de faire se rencontrer l'offre et la demande en actionnant les bons leviers. Cela passe aussi par la commande publique, les consignes que l'on peut donner, la sensibilisation des acteurs."
"La loi nous incite à aller dans ce sens et nous y travaillons depuis des années. Mais on se heurte à différentes difficultés. D'abord des coûts et contraintes de production supérieurs à des importations, qui pénalisent les producteurs locaux et français, y compris au niveau européen. Sans compter d'autres questions comme l'eau, les friches, particulièrement urbaines, ou l'emploi, sur lesquels s'engage le Département, en lien avec les collectivités et les agriculteurs", conforte Jean-Louis Masson, président du Conseil départemental du Var. "À nous de faire en sorte que tout le monde puisse s'entendre", défend-il.
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