SAINT-RÉMY-DE-PROVENCE
Après le décès accidentel de leur père en 2013, ses trois fils ont repris au pied levé l'exploitation maraîchère familiale à Saint-Rémy-de-Provence. Dix ans plus tard, ils l'ont consolidée, et prévoient de s'agrandir.
Bourhier & fils
© Crédit photo : JD
Reprendre l'exploitation familiale ? La démarche s'anticipe et se prépare en avance dans la majorité des cas. Mais c'est parfois dans l'imprévu et la précipitation que la transmission se déroule, pour des raisons parfois tragiques. C'est la situation qu'ont vécu Julien, Nathan, Tristan Bourgier et Barbara, leur mère : la famille, implantée à Saint-Rémy-de-Provence et spécialisée dans le maraîchage, a dû s'organiser dans l'urgence, en 2013, pour poursuivre l'activité, après le décès accidentel de leur père et époux.
Comme souvent en pareille situation, il a fallu décider rapidement de la poursuite de l'exploitation, crée en 1985 par le chef de famille. Une décision d'autant plus complexe qu'aucun des enfants - dont Julien, le plus âgé, qui avait une vingtaine d'années à l'époque - ne se préparait spécialement à la reprise de l'exploitation. "Après mes études dans l'électrotechnique, j'avais prévu de travailler 2 ans avec mes parents sur la ferme. Finalement, j'y suis toujours", sourit Julien, l'aîné de la fratrie, dont le physique de rugbyman évoque de Sébastien Chabal, avec son épaisse barbe et cheveux longs attachés en chignon (comme ses frères).
En quelques semaines, en compagnie de sa mère, Julien Bourgier - qui travaillait jusque-là comme ouvrier agricole au sein de l'exploitation, "on apprend en commençant par le bas" - a dû se former très vite à diriger les équipes de saisonniers et de permanents, mais aussi à reprendre progressivement le volet commercial, "le nerf de la guerre", estime le trentenaire. "L'objectif était d'abord de conserver le modèle économique de la ferme, dans un premier temps et d'apporter ensuite des améliorations", explique Julien Bourgier, que ses frères Nathan (22 ans) et Tristan (20 ans) ont rejoint quelques années plus tard : le premier comme chef de culture, et le second en charge des livraisons. "Le plus difficile, au départ", se souvient Julien, "a été de m'imposer face à des clients qui connaissaient mon père et essayait de me rouler dans la farine. Et puis d'apprendre à déléguer et à se concentrer prioritairement sur les postes à forte valeur ajoutée au sein de l'exploitation, comme la commercialisation".
D'autant que celle-ci est plutôt atypique, avec une offre calibrée pour le grand public comme pour les professionnels : "De la cagette en vente directe à la palette expédiée vers Rungis", résume Julien Bourgier. L'objectif est de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier : "Nous travaillons avec environ 80 clients de toutes tailles, du primeur aux bases logistiques de la grande distribution. J'ai aussi appris à anticiper, au fil des années, les évolutions de prix tout au long de la saison, voire le cas d'un marché spécifique qui s'effondre".
L'entreprise familiale s'est de fait très tôt diversifiée, en termes de clientèle, tout en resserrant sa production sur quelques cultures, en été comme en hiver, mais avec une grande profondeur de gamme. Pendant la saison estivale, les légumes 'ratatouille' sont privilégiés "Nous avons choisi de nous limiter à 4 ou 5 cultures, que nous maîtrisons bien et que nous déclinons" : jusqu'à 13 variétés pour les tomates et 20 variétés pour les salades. "L'objectif est de couvrir toute la saison avec des plants choisis sur 3 critères principaux : la résistance aux maladies, le goût et le rendement." Mais cette spécialisation élargie permet aussi de diluer le risque financier : "Dans le cas où on se manque sur une culture".
Concernant les légumes d'hiver, la famille Bourgier se concentre sur les salades, et "un peu de radis" au mois de décembre : "C'est une production assez simple, sur un temps assez court, avec une bonne valeur ajoutée", glisse Nathan Bourgier.
Délaissées depuis 2019, après une campagne de courgette calamiteuse, les cultures plein champ ont repris cette année avec une plantation de butternuts. Mais c'est sur les cultures sous abris que la fratrie est la plus à l'aise techniquement : "Notre père a monté la première serre chapelle en 1998, puis une seconde en 2003, pour une superficie totale de 7 000 m²", résume Julien Bourgier qui a, depuis, accéléré dans cette démarche et dispose désormais de 3 ha de serres (chapelles et tunnels), sur un total de 7 ha de surfaces cultivables. "Notre ambition, est de doubler la surface de serres, à terme. Pour l'instant, nous sommes au milieu du gué : des petits pour les gros acteurs et des gros pour les petits... La question, c'est maintenant de passer ce palier, pour nous développer et accroître les volumes de production", précise Julien Bourgier.
Pour accompagner cette croissance, les 3 frères ont développé un point de vente, ouvert en été sur l'exploitation, qui permet d'écouler les fruits et légumes de second choix et les productions d'autres agriculteurs (laitage, viande, miel...). Autre piste envisagée : celle de la transformation d'une partie de la production de tomates et de fraises en ketchup, coulis, gaspacho ou encore en pâte à tartiner de fraises.
Leur prochain challenge, outre la croissance programmée, est d'imposer leur marque commerciale 'Bourgier & Fils', à l'image d'autres producteurs de la région : "Notre rêve, c'est qu'on pense Bourgier, quand on pense légumes d'été", s'enthousiasment à l'unisson les 3 frères.
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