AUDE
Depuis trois ans, Yoann Mathevon est le vétérinaire conseil et le directeur du Groupement de défense sanitaire (GDS) de l'Aude. Proactif et toujours souriant, il œuvre pour la santé du cheptel audois, épaulé par Carole Chaudesaigues et Magali Prat.
Yoann Mathevon, vétérinaire conseil et directeur du GDS de l'Aude
© Crédit photo : JB
Originaire de Montbrison dans la Loire, dont "on connaît surtout la fourme", Yoann Mathevon est entré au Groupement de défense sanitaire (GDS) de l'Aude en 2020 et en est devenu le directeur un an plus tard.
Après une classe préparatoire à Lyon, ce bientôt papa de deux enfants a intégré l'École nationale vétérinaire de Toulouse, où il a réalisé en parallèle de sa deuxième année, un master en santé publique, et en cinquième année, un autre master de spécialisation en épidémiologie. "Une année, j'étais également patron du bar étudiant, je ne dormais jamais." Après deux années au GDS de Dordogne, où il s'occupait de la tuberculose dans la faune sauvage, Yoann a repris ses études pour une thèse universitaire de trois ans sur la paratuberculose chez les ovins. Vertigineux non ? "J'avais le cerveau rincé, je suis partie un an en voyage avec ma compagne avant de venir dans l'Aude." Épaulé par la secrétaire technique Carole Chaudesaigues, "la bible du GDS" en poste depuis 17 ans, et par Magali Prat, technicienne sanitaire depuis deux ans, Yoann insiste : "Je ne pourrais pas réaliser une grosse partie de mes activités sans elles, l'intitulé de leur poste ne rend pas hommage à tout ce qu'elles font."
Lors de sa création dans les années 50, le GDS était domicilié sur la ferme de Loudes, à Castelnaudary. Il a ensuite déménagé à la Chambre d'agriculture de l'Aude (de 2006 à 2018). Il occupe désormais le 4e étage du laboratoire de semences d'Arterris à Bram, plus connu sous le nom de "la tour administrative".
Chaque année, le GDS envoie un appel à cotisation à tous les éleveurs du département, "sachant qu'à partir du moment où on a un seul mouton on est considéré comme un éleveur". Avec un peu plus de 900 courriers cette année, l'association comptabilise plus de 700 adhésions volontaires. Elle est financée par la Draaf pour les missions déléguées, par les cotisations des éleveurs et subventionnée par le Conseil départemental. "Le prix de l'adhésion est calculé en fonction du nombre d'animaux. Un de mes objectifs est de ne pas l'augmenter et depuis trois ans j'y arrive." Le GDS est composé de membres adhérents (les éleveurs), de l'assemblée générale restreinte qui contient une quarantaine de délégués (divisée en quatre secteurs : Montagne noire, Plateau de Sault, Piège et "le reste"), qui élisent le conseil d'administration. Ce dernier élit le bureau (tous les deux ans), qui nomme le directeur. "Le GDS est là pour maintenir le niveau sanitaire du cheptel audois, ce qui permet de maintenir une viande de qualité et la rentabilité des élevages. Le cœur de notre métier est essentiellement avec les éleveurs de ruminants : ovin, caprin et bovin", définit Yoann, avant d'énumérer la longue liste des missions de cette association départementale. Depuis 2009, l'État a délégué aux GDS de France l'organisation des prophylaxies pour chacun des cheptels du département, même des non- adhérents. "C'est une mission de service public pour déceler la brucellose sur les petits ruminants, la leucose bovine, et la tuberculose sur les bovins. Il faut planifier et rythmer les campagnes où nous sommes responsables des DAP (documents d'accompagnement de prélèvements). Nous sommes responsables des résultats négatifs. S'ils sont positifs cela relève de la police sanitaire, donc des services de l'État." Avec les missions de ressources humaines et de budget, le directeur s'occupe également des relations avec les partenaires comme le Conseil départemental, le Laboratoire départemental d'analyses et la Direction départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDetsPP). Lors de la réunion mensuelle des Fédérations régionales des GDS, Yoann représente l'Aude, car "désormais, les décisions sanitaires se prennent au niveau régional, alors qu'avant la gouvernance était une prérogative du département". Dans ce travail régional, le directeur a aussi la mission de s'occuper de la besnoitiose, aussi baptisée anasarque. "Nous avons fait des dépistages dans tous les troupeaux bovins d'Occitanie et j'étais responsable de la cartographie de la région. Cela m'a passionné, puis il y avait un réel intérêt pour le département."
Ce passionné n'est jamais à court d'idées ni de projets. Ce qui lui plaît le plus ? Réaliser des plans de surveillance au niveau départemental, comme il est en train de le faire pour la gestion de la gale en estive chez les ovins. "Pour la paratuberculose ou la neosporose par exemple, je propose des moyens d'assainissement et les applique. Pour atteindre l'assainissement, nous avons besoin de filiations, et la plus-value avec le GDS, c'est qu'au-delà d'un résultat positif et l'élimination de l'animal infecté, nous pouvons aller plus loin en proposant des mesures zootechniques et de modifications de pratiques d'élevage pouvant améliorer le sanitaire à moindres frais. J'essaie de mettre en place des solutions qui protègent l'élevage et le pérennise économiquement. J'ai un travail de veille et de prévision de ce qu'il pourrait se passer. J'interviens soit à la demande de l'éleveur, soit à celle de son vétérinaire lorsqu'il y a un problème type mortalité, avortement, assainissement d'une maladie", résume Yoann, qui prévient toujours le vétérinaire sanitaire de l'éleveur. "Je ne travaille jamais dans leur dos. Et ce qui est bien au GDS, c'est que nous avons un historique des résultats d'analyses qui permet d'avoir du recul." Surinvesti dans chacune des missions possibles au GDS, Yoann intervient plusieurs fois par an à l'École nationale vétérinaire de Toulouse pour présenter l'association aux étudiants et "comment interagir avec elle lorsqu'ils seront installés". Il s'investit également dans la pérennisation du réseau Farago Aude, une société de dératisation, désinfection et désinsectisation. "C'est une filiale du GDS qui est présente dans certains départements pour proposer des services de dératisation aux éleveurs, coopératives ou particuliers. Les rats sont une calamité en élevage, si tu ne luttes pas contre eux tu as des dégâts et un risque sanitaire importants. Cette activité apporte aux éleveurs et cela m'embête de la voir s'arrêter."
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