TARASCON
Vendeur automobile, Antoine Federighi s'est reconverti dans la production d'herbes fraîches et séchées, avec la reprise de l'entreprise familiale. Un virage au frein à main que le trentenaire a parfaitement maîtrisé.
Antoine Federighi PPAM Bouches-du-Rhône portrait
© Crédit photo : JD
Tous les chemins mènent à l'agriculture, même ceux qui semblent les plus improbables. À l'exemple d'Antoine Federighi, le dirigeant de 'Niro et fille', qui a bifurqué du secteur de l'automobile à celui de la production d'herbes aromatiques. Un parcours professionnel a priori bien balisé, dans la vente de véhicules pour un concessionnaire représentant une marque allemande bien connue, mais qu'il stoppe pour reprendre l'exploitation familiale. Un arrêt au stand qui n'était pas prévu pour Antoine Federighi, qui a dû troquer rapidement le costume cravate pour une tenue plus adaptée aux travaux agricoles.
En cause, les problèmes de santé de sa tante, 2e génération à la tête de 'L'herbier sauvage, entreprise fondée en 1995 par le grand-père d'Antoine. Propriétaire d'un magasin de primeur, ce dernier avait eu l'idée lumineuse de s'installer à Saint-Étienne-du-Grès, pour se spécialiser dans la cueillette et le séchage d'herbes aromatiques sauvages. "L'été coïncidait avec une baisse d'activité pour mon grand-père", explique Antoine Federighi. "Il décide alors de cultiver et de commercialiser des pots de basilics bio, du printemps à l'automne, en parallèle à son activité principale dans les PPAM." À l'époque, il est l'un des premiers en France. L'un des premiers aussi à se spécialiser en agriculture bio pour de se démarquer de la concurrence.
En 2022, sa tante ne pouvant plus rester à la tête de l'exploitation, Antoine Federighi se trouve face à un choix cornélien : poursuivre son métier de vendeur automobile, ou reprendre la ferme de son grand-père. "C'était soit la reprise, soit l'arrêt de l'activité de 'L'herbier sauvage' [la marque commerciale de Niro et Fille, ndlr]", résume le trentenaire, qui n'hésite pas un instant. "J'avais l'obligation morale de poursuivre ce qu'avait bâti mon grand-père", rembobine Antoine.
Techniquement, ce dernier se sent au point : "J'ai beaucoup appris dans l'exploitation familiale : j'y passait mes étés depuis tout petit, pour me faire un peu d'argent de poche", se souvient le trentenaire, qui n'a pas souhaité retourner au lycée (agricole) pour consolider ses connaissances en maraîchage. "Je me sentais au point sur la culture du basilic", pointe-t-il avec un grand sourire. Ce dernier est cultivé sous 6 000 m² de serres tunnels, tandis que les herbes aromatiques (laurier, thym, romarin) sont déshydratées sur un deuxième site, un hangar fermé de 1 200 m² à Tarascon, dédié à leur préparation, leur séchage et leur conditionnement.
Là aussi, le grand-père d'Antoine Federighi - aujourd'hui âgé de plus de 80 ans mais toujours présent sur les deux sites, "pour aider et prêter main-forte" - a eu le nez creux. "Il est l'un des premiers de la région à avoir investi dans un séchoir", évoque avec une soupçon d'admiration son petit-fils.
Plutôt que de cultiver les différentes herbes aromatiques, il s'en va cueillir aussi les plantes dans les collines et la garrigue, également commercialisées sous le label 'Agriculture biologique'. Une "récolte" en fonction des besoins, qui commence en octobre et s'achève en mars de l'année suivante.
Au total, quatre à cinq tonnes d'herbes de Provence sont ainsi traitées, conditionnées manuellement et expédiées en région et aux quatre coins de la France. "Contrairement aux idées reçues, l'Ouest et le Nord de la France font partie des plus gros consommateurs d'herbes aromatiques pour la cuisine, essentiellement le mélange thym/laurier feuille", relève Antoine Federighi, qui s'appuie sur un solide réseau commercial, tissé au fil des années par son grand-père : 'L'herbier sauvage' est en effet particulièrement bien référencé dans les centrales d'achat des principales enseignes de la grande distribution (dont celles spécialisées dans la bio), mais aussi dans les magasins de proximité, dans une multitude de conditionnements (boîtes cartonnées, sachet en jute, bouquets d'aromates...) encore réalisés manuellement.
Parmi les chantiers auxquels le trentenaire s'est attaqué figure la quête de nouveaux débouchés en réaction à la baisse du panier moyen des acheteurs. "Nous sommes les victimes collatérales d'une évolution des modes de consommation et de restauration : la cuisson au gril est désormais privilégiée et il faut y répondre. Les besoins autour de plats qui mijotent longuement sont moins importants aujourd'hui." Pour y remédier, Antoine a entrepris de prospecter les grandes et moyennes surfaces de la région, pour contractualiser en direct avec les responsables de magasin : "Nous assurons la livraison et même la mise en rayon", précise-t-il. Une façon de se démarquer de ses concurrents, avec un service personnalisé.
Le second chantier, prévu à terme, concerne la refonte du packaging pour le mettre au goût du jour et le rendre... plus sexy, avec l'objectif in fine d'augmenter les volumes produits et commercialisés. Un palier qui n'est pour l'heure pas envisageable, mais qui pourrait le devenir prochainement : "J'avance étape par étape. C'est le meilleur moyen de ne pas se planter", conclut avec sagesse, Antoine Federighi.
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