Bouches-du-Rhône 07/03/2022
Partage

Raphèle-les-Arles : le choix gagnant de la vente directe

Les limousines de Gabriel Martin sont au pré toute l’année (© Julien Dukmedjian).

Lorsque Gabriel Martin regarde en arrière, un constat s’impose pour lui : “Devenir éleveur était une évidence !“. Une envie qui s’est concrétisée par un bac pro CGEA ‘Productions animales’, obtenu dans un lycée agricole de Lozère, suivi de la reprise de l’exploitation familiale, depuis cinq ans, après plusieurs années comme salarié, en son sein. “Le passage de relais s’est effectué en douceur, en capitalisant sur les idées mises en œuvre par mon père, comme la vente directe à la ferme“, résume Gabriel Martin. L’exploitation est de ce point de vue pionnière, puisque ses parents ont misé sur les circuits courts dès 1996, à une époque où Facebook n’existait pas. “Il fallait trouver rapidement des débouchés après la crise de la vache folle“, note l’éleveur. En 2010, ce dernier propose de diversifier la production avec des ovins, plutôt que d’agrandir le cheptel de bovins. “Mon père m’a fait confiance et nous avons démarré avec une dizaine de brebis de race Préalpes, pour essayer“, se souvient Gabriel Martin. “D’une part, ma scolarité en Lozère m’a servi et il existait, d’autre part, une demande des consommateurs.

L’expérience n’est toutefois pas jugée concluante et le duo père/fils se retourne alors vers une autre race, originaire de l’Anjou cette fois : la Rouge de l’Ouest. “Elle présentait beaucoup d’atouts, sur le papier : sa rusticité – les brebis sont au pré toute l’année, hors période d’agnelage –, un bon rapport poids/carcasse, une croissance rapide, des qualités bouchères. Sans compter qu’elles sont prolifiques  avec, en moyenne, 1,85 agneau par portée“, s’enthousiasme l’éleveur. Douze ans plus tard, l’essai est plus que transformé : il possède désormais 160 mères et ambitionne de poursuivre le développement du cheptel, pour atteindre le chiffre de 200 brebis et devenir sélectionneur, d’ici deux ans. “L’objectif affiché est une inscription au registre de la race Rouge de l’Ouest, pour réaliser des croisements avec des souches locales, afin de diversifier les sources de revenus de l’exploitation.

Une production de fourrage autosuffisante

Les vaches de race Limousines, élevées en parallèle, sont l’autre spécialité de l’exploitation. Gabriel Martin est à la tête de 80 mères et 4 taureaux, un troupeau d’une taille “suffisante“ de son point de vue et qu’il ne souhaite pas développer davantage. “Mon père avait débuté avec des Aubrac, avant de s’orienter vers de la Limousine. C’est un choix qui s’avère lui aussi payant sur la longue durée“, estime l’éleveur, qui ne tarit pas d’éloge sur cette race à viande, choisie pour ses qualités maternelles et bouchères. À l’instar des brebis, les vaches restent au pré toute l’année : l’éleveur dispose de 140 hectares de prairies, dont une partie en foin de Crau (trois coupes/an),
ce qui lui permet de commercialiser une grosse partie de l’excédent de fourrage produit annuellement. Les apports en céréales sont, en revanche, achetés à l’extérieur : “Le rapport investissement/prix de revient était clairement en notre défaveur“, note Gabriel Martin, dont l’exploitation fonctionne, pour le reste, en autosuffisance. Près de cinq ans après son installation, il estime avoir atteint sa vitesse de croisière : “Me développer d’avantage impliquerait de recruter des salariés, ce que je ne souhaite pas“, tranche-t-il. Il a, de ce fait, mis en place une mécanique bien huilée pour mener de front les deux productions animales : “Dès que le sevrage des bovins s’arrête, la reproduction des ovins démarre... Et réciproquement“.

Des périodes d’agnelages atypiques

Cette synchronisation est rendue possible par la saisonnalité particulière de la race Rouge de l’ouest, dont il a su tirer parti : les agnelages se déroulent en effet en février. L’abattage des agneaux est, de ce fait, décalé par rapport à ses confrères (généralement calés sur la période de Pâques). Mais cette particularité lui permet de proposer, de juin à août, des colis de pièces d’agneaux à griller. La vente de bœuf et de jeunes bovins au grand public est, en revanche, davantage étalée. Elle s’effectue sur les cinq  premiers mois de l’année et à la rentrée (septembre/octobre).

L’abattage et la découpe sont réalisés dans le Gard. Les avants et les arrières sont commercialisés en circuit court, sous forme de colis de 13 kg environ, via le bouche-à-oreille et le site internet de l’exploitation où figure le calendrier des ventes à venir. Au total, sa production bovine est ainsi commercialisée pour moitié par la vente directe. L’autre moitié – constituée de jeunes bovins destinés à l’engraissement – est revendue à des professionnels, à destination des marchés italien, espagnol et turc. Un fonctionnement qui lui convient parfaitement, en lui permettant de se concentrer sur son cœur de métier : l’élevage. Et rien d’autre. 

Julien Dukmedjian

ICI
Votre encart
publicitaire !

Sur le même thème

07/09/2023

Prédation

"La cohabitation avec le lo...

Âgé de 30 ans, Joris Payan est installé en ovin viande en label rouge. À peine était-il redescendu de l'alpage en octobre 2022 qu'une meute de loups attaque son t...
France 25/05/2023

GARD

Le Domaine de l'Orviel revi...

Après 20 ans de bons et loyaux services comme conseiller œnologue dans les caves régionales, Adrien Debaud n'a pas jeté son dévolu sur un domaine au hasard. Chez...
Hérault 18/12/2024

Hérault

Ils produisent du caviar ét...

Fabriquer du caviar sans tuer les animaux. Faire déguster et apprécier ce produit de gastronomie particulier au plus grand nombre. Frédéric, Léo et Alan mènent ce...

Annonces légales

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.

Grâce à notre réseau de journaux partenaires.

Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

Derniers tweets

10/05/2023
@EPVarois fait le point sur les tendances et enjeux du marché foncier agricole varois avec le nouveau directeur départemental de la #SAFER Paca et le président du comité technique. https://t.co/qAljvKlzlO
https://t.co/qAljvKlzlO
28/04/2023
[A LA #UNE 📰]@AgriProv👇La Coopération Agricole Sud acte sa fusion avec les caves coopératives du 13 et du 83 ! 🍷, #eau 💧Appel à la sobriété, Groupama Méditerranée maintien le cap, un dossier #travaildusol et en📸 cap sur la grenade avec le projet de Frédéric Chabert sur Arles https://t.co/Vf3e5Z07t0
https://t.co/Vf3e5Z07t0
06/06/2023
🗞️Tradition, consommation et vigilance @VigneronsCoop 🍷-💧Extension du réseau hydraulique 'Colline des Costières' @BRLGroupe @Occitanie - 🐴Le festival Prom'Aude - Fusion @_Ctifl et La Tapy #expé - 🌡️Aléas #climat : solutions et prospectives - 📸Guillaume Chirat, maître #pâtes https://t.co/9XDBtwaWsl
https://t.co/9XDBtwaWsl

Abonnez-vous à nos hebdos

Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...

Découvrez toutes nos formules

Dernières actualités

Newsletters

Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !

S'abonner

Gardons le contact

Twitter : suivez toute l'actualité agricole utile du moment, réagissez
Facebook : partagez encore plus de posts sur l'actualité agricole de votre territoire
Instagram : suivez nos bons plans et partagez nos galeries de photos
Linkedin : élargissez votre réseau professionnel
Youtube : vidéos, interviews, DIY...