Figurez-vous qu’il n’y a pas que sur la Côte d’Azur ou sur l’île de Beauté qu’il se cultive des agrumes en France. Si la plaine de Berre est d’abord réputée pour être l’une des zones de production de tomates les plus importantes du département, la famille Nardi en fait son créneau, depuis une trentaine d’années. Robert y est installé sur des terres familiales. “Quand j’ai démarré, c’était sur la continuité de mon père. Nous produisions alors du melon en été, et de la salade en hiver. Une époque où le marché n’obligeait pas l’exploitant à se préoccuper d’autre chose que de produire”, se souvient-il.
Mais progressivement, il a fallut diversifier les cultures et optimiser le calendrier des productions. L’exploitation a commencé à produire de la tomate, de l’aubergine ou encore du poivron sous abri, mais aussi des oranges, des citrons et des pamplemousses sous serre. “C’est devenu une passion familiale que nous partagions avec mes oncles. Elle ne nous a jamais quittés depuis”, rapporte Robert. En effet, c’est aujourd’hui son fils Valentin, 26 ans, qui s’enthousiasme pour les agrumes. L’exploitation, qui compte un peu moins de 10?ha, est actuellement en pleine restructuration.
Restructuration du verger et vente directe
Le verger de fruitiers se concentre pour le moment sur deux petites serres plastiques de 500 m2, mais de nouvelles plantations sont planifiées pour cet hiver, et les Nardi souhaitent multiplier par dix leur production. Un objectif qui s’intègre dans le projet de vente directe sur la ferme. C’est un débouché dans lequel Valentin s’investit depuis deux ans. Pour le moment, le père et son fils arpentent encore les marchés locaux. Celui de Berre, ainsi que la halle de demi gros de Terre de Provence à Plan de Campagne ou encore le Min des Arnavaux. Mais l’objectif pour Valentin, sur le point de succéder à son père, est bien de “vendre sur place légumes et agrumes produits sur l’exploitation”.
La production d’agrumes sous abri assure une bonne qualité de fruit, un bon rendement, et protège surtout du mistral. Dans la plus petite serre, on retrouve deux rangées d’arbres, d’espèces et de variétés différentes. Oranges, clémentines, mandarines, citrons jaunes et verts ainsi que pomelos roses ont commencé à être récolté il y a quelques semaines. Selon les fruits, la cueillette peut s’effectuer en une passe, mais peut aussi s’échelonner sur plusieurs semaines. C’est la spécificité des agrumes. “L’orange commence à être bien mûre début décembre. Le top, c’est vers le 20 décembre, mais si jamais on attend trop, les fruits peuvent un peu se dessécher”, explique Robert. “La mandarine, en revanche, ne se conserve pas trop sur l’arbre. Quand elle est prête, il faut la ramasser. Mais les citrons de Menton peuvent continuer de murir six mois sur l’arbre ! Les citrons jaunes et verts 4 saisons sont, eux, plus délicats à produire”.
Une conduite ‘plutôt’ facile
Dans la serre, les arbres les plus vieux ont près de 35 ans, et se mènent “à peu près comme l’olivier, tant par la distance de plantation que par rapport à la taille ou l’irrigation. L’important est de bien les aérer. Les charpentières, elles, se conduisent vers le bas, pour éviter la casse sous le poids de la charge en fruits”, explique Valentin.
Le jeune homme a aussi planté plusieurs variétés ‘rares’ dans une seconde serre. Des espèces qu’il veut tester pour la vente directe, et d’autres qu’il pourrait réserver à différents débouchés.
“J’essaye toujours d’innover et j’aime bien faire des essais”, se plait-il à dire. Avec le citron vert de Tahiti, par exemple, plus gros et plus juteux que le citron classique, et plus équilibré entre goût et acidité. Il y a aussi le citron caviar australien, un agrume peu commun, utilisé en gastronomie et en pâtisserie, très puissant en arôme. Le combava, le citron main de bouddha, ou encore le Yuzu, complètent son verger haut en couleurs et dont les productions pourront aussi se destiner aux préparations et transformations maisons, vendues sur la ferme. Le tout est produit dans une conduite raisonnée, quasiment sans insecticides. Les deux producteurs restent cependant vigilants quant au suivi sanitaire et à la santé de leurs agrumes. “Le citron vert, comme le pamplemousse, sont un peu plus sujets à la cochenille ou la fumagine, mais on n’observe pas de problème majeur. Les arbres sont tenus sains assez facilement”, reconnaît Valentin. Son objectif est aussi de pouvoir développer la lutte intégrée dans ses abris.
Emmanuel Delarue
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