LA ROQUE-D'ANTHÉRON
Éleveuse tout-terrain installée à La Roque-d'Anthéron, Chrislaine Alazard a fait le choix de la diversification de ses productions (ovins, porcins, volailles) et de ses modes de commercialisation. Des choix qui se révèlent judicieux sur le long terme.
Chrislaine Alazard brebis
© Crédit photo : JD
"Je suis fille d'éleveur et devenir éleveuse à mon tour était une évidence. Élever des moutons, c'est ce que je sais faire de mieux, mais c'est aussi et surtout ce que j'aime faire." 'Droit au but', la devise de l'Olympique de Marseille, conviendrait parfaitement à Chrislaine Alazard : l'éleveuse, installée depuis 2003 à La Roque-d'Anthéron est plutôt directe. Et quand elle se présente, sur son site internet, elle ne s'embarrasse pas de formules toutes faites... : "Je m'ennuyais à l'école", se souvient la quadragénaire qui l'a quittée sans regrets à 16 ans, pour rejoindre la Maison familiale et rurale de Lambesc, où elle apprend le volet théorique de son futur métier d'éleveuse.
Elle travaille quelques années dans l'exploitation familiale, avant de se lancer dans le grand bain, en n'optant pas pour la simplicité avec une installation hors cadre familial à Grans, en 2000. Elle y restera 3 ans, avant de déménager son cheptel de 250 brebis à l'époque, à La Roque-d'Anthéron. "Une belle opportunité", résume-t-elle, pour mener à bien son projet d'élevage : cela lui offrait en effet la possibilité d'être autonome pour l'alimentation de ses animaux, avec une cinquantaine d'hectares de prairies à foin et 25 ha de céréales, le tout mené en agriculture bio (voir encadré).
Aux brebis s'ajoutent rapidement une centaine de poules pondeuses. Un essai qu'elle ne reconduira pas, lorsqu'elle s'installe à La Roque-d'Anthéron, préférant opter pour des volailles de chair (cou nu), conduites en élevage plein air. Puis des porcs, également élevés en extérieur, depuis l'an dernier, soit trois femelles et un verrat de race Duroc. Des animaux choisis pour leur développement "rapide", en comparaison de races plus rustiques comme les porcs noirs, dont la durée d'engraissement est plus longue... et plus consommatrices de trésorerie !
Autant d'essais de diversification réussis, même si le cœur de métier de Chrislaine Alazard reste les brebis. Une passion intacte, après plus de 20 années, et en dépit des difficultés auxquelles elle est confrontée à l'image de l'ensemble de la filière ovine, avec un prix de vente du foin qui n'a cessé de baisser depuis quelques années, et un marché du bio qui bat de l'aile après des années d'euphorie. Pas de quoi entamer le moral de l'éleveuse qui reste combative, traque les charges d'exploitation et fait preuve d'agilité et d'imagination pour la commercialisation de ses agneaux.
À défaut d'agrandir la taille de son cheptel - qu'elle ambitionne néanmoins de monter jusqu'à 1 000 brebis Mérinos d'Arles -, Chrislaine Alazard accueille en pension 1 200 brebis cette année, en plus des 800 qu'elle possède. Un choix qui implique une organisation de ses (longues) journées réglées au cordeau, et une optimisation des tâches pour lesquelles elle est secondée par un salarié et un apprenti. Ce qui ne l'empêche pas d'être sur le pont 7 jours/7 toute l'année : "J'ai fait le choix de travailler à l'extérieur et ne pas avoir de patron, même si au final, je n'ai jamais pris de vacances et que je n'ai pas trop vu grandir ma fille. Mais j'aime ce que je fais. C'est l'essentiel", explique l'éleveuse qui ne regrette rien. Si les journées sont réglées comme du papier à musique, les saisons le sont aussi : les agnelages sont concentrés sur les mois d'octobre et novembre, à leur retour de transhumance en Savoie. Les animaux menés à l'abattoir de Tarascon - elle est membre de la Sica qui en a pris la gestion - sont distribués pour les trois-quarts en vente directe et pour le quart restant par l'abattoir, à qui elle confie également la découpe.
À défaut de disposer (pour l'heure) de son propre point de vente à la ferme - sa construction est en projet -, Chrislaine Alazard fait feu de tout bois pour commercialiser sa production : "Nous sommes présents chaque semaine sur les marchés de Rognes et de La Roque-d'Anthéron, à la carte de plusieurs restaurants et dans une quinzaine d'Amap". Les agneaux sont également vendus par demi-carcasses ou entier, sous forme de colis et de caissettes (vrac ou sous vide), via l'envoi de SMS à ses clients pour annoncer les prochaines ventes. Une diversification tous azimuts, appliquée tout d'abord sur les animaux élevés et les circuits de distribution qui porte ses fruits.
Les brebis et leurs agneaux (nourris sous la mère) sont mis au pré d'octobre à juin à La Roque-d'Anthéron et à Rognes. Chrislaine Alazard a investi dans du matériel agricole pour les fenaisons, qu'elle réalise elle-même. Les céréales cultivées assurent environ 60 % des besoins en alimentation de ses animaux. Les volailles sont également nourries en majorité avec les grains et farines produits sur place et complétées par des mélanges spécifiques (certifiés en agriculture biologique). Les porcs sont également alimentés en grains et légumes, produits sur la ferme, et de pain, fourni par une boulangerie locale.
Les CHIFFRES clés-
ICI
Votre encart
publicitaire !
AUDE
Aude
AUDE

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner