Gard
Grêle, dettes, mouches ravageuses... Face aux coups durs, Florence et Pascal Robichon ont choisi de réinventer leur ferme familiale. Moins de volumes, plus de goût, et une vente directe qui remet l'humain au cœur de leur métier. À Saint-Gilles, leur exploitation devient un véritable laboratoire de résilience.
Florence et Pascal Robichon sont exploitants du Mas de la Roseraie Bancillon à Saint-Gilles dans le Gard.
© Crédit photo : JB
Fraise. C'est le premier mot qui vient à l'esprit après une rencontre avec Florence Robichon, productrice... d'abricots, mais anciennement de fraises. Dès l'arrivée au Mas de la Roseraie Bancillon, exploitation située à Saint-Gilles, le regard se pose sur les serres, vides, qui ont abrité ces fruits rouges pendant des années. "À la base, c'est l'exploitation familiale. Je suis tombée dans la marmite quand j'étais petite", commence-t-elle.
Toujours présente sur l'exploitation avec ses parents maraîchers, elle s'intéressait plus aux fleurs qu'aux légumes. Son père crée donc une roseraie. "Pour m'occuper", dit-elle simplement. "C'était la 'Roseraie des Costières'. Je faisais mes bouquets le soir et le lendemain matin, j'allais les livrer avant d'aller au lycée. C'était lourd, mais cela me motivait." Une période pendant laquelle elle étudiait la comptabilité, point d'entrée définitif dans l'exploitation familiale une fois le diplôme en poche. Compositions et bouquets floraux, salades, tomates, courgettes, kiwis, framboisiers et bien d'autres. Mais également vente de sapins en période hivernale. Ainsi que des fraises. Au départ cultivées en terre, elles prennent de la hauteur avec la création des 'Jardins suspendus de Saint-Gilles' et sont produites hors-sol dans des serres. "Nous étions les premiers à travailler de cette façon dans le Gard. Ce n'était pas évident car c'était nouveau." En parallèle, la culture des abricots est lancée.
Les années qui suivent sont marquées par une grosse production, avec une commercialisation tournée vers les expéditions et la grande distribution : plus de clients, plus de volumes, plus de surfaces. La culture des roses est stoppée, faute de rentabilité. L'exploitation se concentre sur les fraises, les abricots et la vigne.
Florence Robichon reprend l'entreprise en 2018 avec son mari, Pascal, qui lui aussi, est tombé dans la marmite agricole familiale dès le collège. En 2019, l'entreprise connaît ses premières difficultés avec les fraises. "Ce n'était pas dû aux intempéries, mais aux larves de la mouche Suzukii", explique l'agricultrice, encore sensible au sujet. "On a fait le choix d'éliminer le problème, fruits sains et malades." La culture des 280 000 plants de fraises prend fin à cette période. Et en parallèle, les soucis financiers apparaissent.
Une situation que le couple va gérer en 2021, grâce à un plan de redressement. Un changement de philosophie s'opère avec l'objectif d'arrêter l'activité "sur une note positive et non sur un échec". "Avant 2021, on vendait à tout le monde, autant les centrales que la grande distribution. Maintenant, on a réduit le volume et on a envie de garder le contact avec le client final plutôt qu'avec des intermédiaires." Retour sur les marchés et les salons. Bienvenue aux projets de diversification.
En 2022, le couple se lance dans la fabrication de nectar d'abricots "pour éviter que cela parte à la pulpe", mais choisit néanmoins d'utiliser des variétés au goût plus prononcé. "Grâce aux échanges avec les particuliers, on s'est rendu compte que les gens recherchaient le goût avant le prix. On les a écoutés et de là, on a affiné le nectar d'abricots jusqu'en 2024", explique Florence. Une écoute et une persévérance qui ont permis à leur nectar d'être médaillé d'argent au concours 'Militant du goût', organisé par le Conseil départemental du Gard. Une motivation que l'épisode de grêle de juin 2023 n'a pas abîmée et qui a pourtant contraint le couple à vendre cinq tonnes d'abricots en urgence aux particuliers à un prix dérisoire. Un "coup de gueule" relayé par les médias à l'époque. "J'ai vu que des gens ne pouvaient pas se payer de fruits." Pour eux, il s'agit d'une raison de plus pour continuer le circuit court.
Puis du nectar à la bière, il n'y a eu qu'un pas. 'Flo', leur première bière à l'abricot apparaît en 2024. "Mon mari a voulu essayer, donc on a fait plusieurs tests. On travaille avec un brasseur local", précise l'exploitante. "Sur l'étiquette, j'ai choisi une photo récente de mon oncle de 83 ans, à cheval. La première bière qu'on a récupérée, je suis allée lui porter." Puis vient le tour de 'Cam', la bière blanche, à l'esprit camarguais et dont l'étiquette a été réalisée en collaboration avec l'artiste Farouk, connu pour son amour des traditions locales.
Une boutique voit également le jour, installée dans le hangar. Sirops d'abricots, confitures, bières, nectars, fruits frais, mais aussi produits d'autres agriculteurs locaux installés dans un rayon de 15 km : céréales, boissons, riz, vins et autres s'ajoutent. Les vignes viennent d'être arrachées, la vente des sapins continue. Et des projets, il y en a d'autres, comme celui de reprendre les visites avec les scolaires pour que "les enfants comprennent d'où vient la nourriture". L'expérience parle.
Florence et Pascal ne s'arrêtent jamais : ils viennent tout juste de planter deux hectares de pêchers pour la conserve, afin de maintenir leur équipe en poste plus longtemps. "La récolte des abricots se fait à une période où les salariés sont pris par d'autres cultures", explique Pascal. "On a du mal à recruter pour seulement deux mois." Le couple va donc continuer d'évoluer, ou plutôt repartir sur ses anciennes amours, afin de proposer du travail dès le mois de février tout en répondant aux demandes des clients. La reprise d'une culture, à très petite échelle, de 20 000 plants hors-sol sous des serres, pour renouer avec un fruit de cœur : la fraise.
ICI
Votre encart
publicitaire !
GARD
Aude
St-Antonin-sur-Bayon

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner