Saint-Maximin
Implantés dans l'ouest du département depuis un demi-siècle, Les Decomis ont développé une exploitation où l'on cultive les goûts de la polyculture, l'amour de la terre, le travail d'équipe et le sens de l'investissement. C'est attachée à ses racines et tournée vers l'avenir que l'entreprise familiale conjugue tradition et innovation.
© Crédit photo : GL
Chez les Decomis, on est agriculteur de génération en génération depuis bien longtemps. Originaire de Puyloubier, la famille s'est enracinée dans l'ouest Var dans les années 70.
"Mon père a d'abord fait de la vigne, des céréales et du melon à Rians, jusqu'en 1980. Et puis, il est arrivé sur Saint-Maximin où il a trouvé des terres", raconte Jean-Paul Decomis, aujourd'hui à la tête de l'EARL familiale avec son frère, Laurent. Le premier, titulaire d'un BEPA en élevage et d'un BPA en viticulture, s'installe en 1991 ; le second, aide familial jusqu'alors, fait de même en 1998. S'ils travaillent en famille, Jean-Paul, Laurent et leur père, Claude, ont chacun leur exploitation jusqu'en 2004. C'est seulement à la retraite de leurs parents que les deux frères se rejoignent au sein de l'EARL Decomis.
Au fil du temps, la famille récupère des fermages et fait l'acquisition de parcelles à Saint-Maximin et aux alentours, à Ollières, Brue-Auriac... pour agrandir l'entreprise qui compte aujourd'hui plus de 140 hectares de cultures. "Ça fait 50 ans que l'on construit tout ça, petit à petit", observe Jean-Paul.
Ici, la diversification n'a rien d'une nouveauté. Selon le vieil adage, les Decomis n'ont jamais mis leurs œufs dans le même panier. Jean-Paul, Laurent et leurs neuf salariés et apprentis n'ont pas le temps de s'ennuyer. Les raisins des 74 ha de vignes plantées - en AOC Coteaux varois en Provence et en IGP Var - sont apportés en coopérative à St-Maximin et Brue-Auriac ; et le fourrage - produit en bio - est distribué localement. L'exploitation cultive aussi quelques céréales et fruitiers, dont 700 oliviers destinés à la production d'huile d'olive. Les Decomis ont d'ailleurs leur propre moulin depuis une dizaine d'années. "C'est un outil qu'on n'avait pas en proximité immédiate, et qui nous permet aujourd'hui de produire nous-même notre huile, mais aussi de faire de la prestation", explique Jean-Paul Decomis.
Enfin, la famille a une importante activité de maraîchage très diversifiée, hiver comme été, sur plus de 7 ha, dont 4 ha en plein champ, 0,5 ha sous tunnel et, depuis cette année, 3 ha sous serre photovoltaïque dernier cri. Un projet qui trottait dans les têtes des frères Decomis depuis un certain temps déjà. "On avait monté un petit projet par le passé, mais le permis de construire nous avait été refusé. Là, on a travaillé en partenariat avec Urbasolar sur un projet plus conséquent, et les serres ont pu être montées l'an dernier", indique Jean-Paul.
L'entreprise spécialiste du photovoltaïque a financé la construction de deux modules de serres et récupère le produit de l'électricité vendue. Une partie de l'énergie produite sert à actionner les ouvrants de la structure, dont la gestion est automatisée selon les paramètres définis par l'agriculteur. "Ici, on ouvre quand la température atteint 19°C, on ferme à 14°C ou quand il y a trop de vent. Les pans sud de la toiture sont équipés de verres diffusants, et les serres sont hautes pour laisser passer un maximum de lumière. C'est la deuxième serre du genre construite en France", détaille Jean-Paul Decomis.
L'agriculteur a pu faire ses premières plantations en janvier et est déjà convaincu par l'intérêt de l'outil. "Pour l'instant, tout a bien fonctionné : on a eu une belle rotation de radis, même si au départ les fanes étaient un peu longues. On a aussi fait du cresson, des choux, des épinards, de la salade, des carottes, des patates douces, et maintenant des fraises, des tomates, des courgettes, des poivrons, des melons et autres. Tout se passe bien !", apprécie-t-il. "Avec les aléas climatiques à répétition, c'est surtout une vraie sécurité. Il n'est pas question de chauffer pour faire de la tomate toute l'année. Et puis, on peut travailler par tous les temps, étendre le calendrier de production. Ça permet aussi de faire des productions plus précoces : sur fraise par exemple, on a gagné une semaine par rapport à la culture sous tunnel", poursuit Jean-Paul Decomis.
L'exploitation a aussi fait évoluer ses pratiques. "Comme on est à l'abri, on s'est mis à la lutte intégrée avec des lâchers d'auxiliaires et on a fait venir des ruches de bourdons pour la pollinisation", précise-t-il.
Ces nouvelles serres permettent enfin à la famille Decomis de se tourner vers de nouvelles productions, parmi lesquelles framboises et agrumes (citrons, oranges, mandarines) et, prochainement, avocats et kiwis. Cela pour le plus grand bonheur de la clientèle des quatre à cinq marchés hebdomadaires sur lesquels sont vendus les produits de l'exploitation.
L'outil est par ailleurs un précieux vecteur d'apprentissage. Les Decomis - qui ont déjà l'habitude de recevoir des stagiaires en formation viticole - accueillent aussi désormais des groupes en formation maraîchère. Le partage d'expériences et la transmission des savoir-faire font partie de la culture de la famille Decomis, que ce soit avec leur équipe salariée, les élèves en apprentissage chez eux, ou dans le cadre de diverses formations. "On tire une vraie satisfaction de cet aspect-là du métier. Il faut savoir partager dans la vie, sans quoi on n'arrive jamais à rien", défend Jean-Paul Decomis.
Les CHIFFRES clés-
ICI
Votre encart
publicitaire !
Port-Vendres
grotte cosquer
CERDAGNE

Publiez facilement vos annonces légales dans toute la France.
Grâce à notre réseau de journaux partenaires.
Attestation immédiate, service 24h/24, 7 jours/7

10/05/2023
28/04/2023
06/06/2023
Chaque semaine, retrouvez toute l'actualité de votre département, des infos techniques et pratiques pour vous accompagner au quotidien...
Découvrez toutes nos formules
Inscrivez-vous GRATUITEMENT à nos newsletters pour ne rien rater de notre actualité !
S'abonner