TAVERNES
Le moulin oléicole coopératif de Tavernes s'est engagé dans une politique de montée en qualité depuis plusieurs années, tout en attirant en parallèle de nouveaux apporteurs, avec de gros volumes. Une politique qui permet au moulin centenaire d'aborder sereinement l'avenir.
La Tavernaise, Bernard Séné
© Crédit photo : JD
Solidarité, entraide, partage : c'est sur ces principes qu'est née La Tavernaise, la cave coopérative de Tavernes, en 1921. Près de 104 ans plus tard, si le volet viticole de la cave a disparu, le moulin oléicole fonctionne toujours. Et il s'apprête, d'ici quelques jours à tourner à plein régime, pour absorber les olives de petits apporteurs et les volumes, plus conséquents, "de professionnels, dont des grands domaines viticoles qui possèdent de 1 000 à 1 500 oliviers," explique Bernard Sené, le moulinier de La Tavernaise.
Arrivé en 1985 à Tavernes, il s'apprête à réaliser sa 33e et dernière campagne "avant de prendre la retraite", après 26 ans passés aux services techniques de la ville de Tavernes... et au moulin coopératif, pendant les congés. "Une vie dédiée à l'olive", comme il aime la définir.
Depuis 40 ans aux manettes du moulin, Bernard Sené est l'origine de la lente, mais continue, montée en gamme des huiles d'olive produites et commercialisées par La Tavernaise. Il a ainsi assisté à la mue opérée par le conseil d'administration du moulin qui s'équipe, en 1987, d'un système à chaîne continue. Une petite révolution marquant un premier pas dans la montée en gamme décidée par les administrateurs de la coopérative, avec l'objectif d'améliorer les qualités gustatives et nutritives de la production.
Au début des années 2000, une deuxième vague d'investissements est votée, afin de moderniser encore une fois l'outil de production, avec des machines plus modernes, capables de traiter 20 tonnes d'olives par jour (soit 150 t/an) et d'absorber l'accroissement des volumes apportés par les 350 coopérateurs.
Une fierté pour Romain Maudric, le jeune président de la coopérative - il n'a que 42 ans -, fraîchement élu par les administrateurs de la structure en début d'année. Tavernais, adjoint au maire et oléiculteur non professionnel - il possède trois hectares de vergers d'oliviers -, Romain Maudric connaît bien le monde oléicole - son oncle a notamment présidé la coopérative pendant près de 40 ans - et souhaite s'inscrire dans les pas de son prédécesseur, Claude Le Flohic. Pour le nouveau président, l'objectif affiché lors de la passation n'a pas varié : "Garder le cap et suivre le chemin tracé par l'ancienne équipe pour pérenniser le moulin." Autrement dit, maintenir les volumes actuels de 150 t d'olives triturées annuellement, qui représentent le seuil de rentabilité. Et poursuivre la montée en gamme.
Un enjeu à plus d'un titre pour la structure, en concurrence économique avec des moulins privés ou ceux coopératifs de communes alentour, comme Barjols ou Varages. "Ce moulin, c'est un capital pour les générations à venir et un patrimoine local à préserver," précise Romain Maudric, qui voit dans cet outil un moyen de conserver la vocation agricole de la commune et du territoire. Un enjeu fort, dans un contexte de déprise et de vieillissement d'une grande partie des propriétaires de vergers d'oliviers, que Bernard Sené chiffre à une centaine d'hectares non entretenus. D'où l'importance d'apporter une aide technique aux possesseurs d'oliviers pour la taille, par exemple, et des solutions (fermage, aide extérieure...) pour ceux qui ne seraient pas en mesure d'effectuer la récolte.
En parallèle, un travail de prospection commerciale a été mis en œuvre (avec succès) pour convaincre les gros apporteurs de confier la transformation à La Tavernaise, afin de sécuriser les volumes traités.
D'où le deuxième volet du plan d'action, destiné à développer la notoriété du moulin, qui consiste à présenter les huiles d'olive produites dans des concours régionaux (Foire de Brignoles) ou nationaux, comme le Concours général agricole où la structure a remporté plusieurs médailles d'or ces dernières années... Autant d'opérations destinées à booster le chiffre d'affaires du moulin, qui était d'ailleurs en rupture de stock d'huiles à fin octobre.
Outre les concours, "qui permettent de se jauger avec d'autres productions," relève Bernard Sené - qui a gagné 67 récompenses au long de sa carrière de moulinier -, les huiles du moulin sont aussi représentées dans les marchés de producteurs, les fêtes de village et foires. "En attendant de rayonner également sur Internet, via un site marchand où il sera possible de commander," prévoit Romain Maudric. Pour l'heure, la campagne s'annonce en demi-teinte : "Nous nous attendons à une année moyenne en termes de tonnage," note Bernard Sené : "Les volumes de précipitations et l'ensoleillement ont été corrects, mais le vent est venu perturber la floraison." Le verdict final est attendu dans quelques semaines, à l'issue de la récolte...
Les CHIFFRES clés-
Le moulin La Tavernaise s'est modernisé au début des années 2000, afin d'améliorer la qualité des huiles produites (majoritairement en fruité noir) avec une nouvelle laveuse permettant de diminuer les volumes d'eau utilisés de 70% (financée en partie grâce à des subventions régionales et européennes), un nouveau broyeur-concasseur et de quatre cuves de 50 hectolitres chacune, destinées à la décantation de l'huile. Une effeuilleuse et une chaudière à grignons ont enfin été acquises récemment. Cette dernière sera mise en service en 2026.
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